Le U-Fest est un festival qui se tient tous les ans aux USA, sponsorisé par la radio KUPD. Il est plus largement (et malheureusement) réputé pour être un festival où le public est généralement peu recommandable. Un festivalier dira même plus tard : "J'ai jamais vu autant d'ados défaits, à part peut-être à un concert des Rolling Stones il y a 15 ans". En 1995 déjà, des festivaliers avaient allumé des feux durant le concert de KoRn...
Cette année encore, l'organisation du festival ne semble pas au point et deftones s'en plaint plusieurs fois à leur manager. Le groupe est sur les nerfs, et fait passer le temps en buvant de l'alcool (certains témoins diront même : "les 4 membres du groupe et 2 roadies ont bu à eux seuls 1/5ème de Malibu, un litre de rhum et l'équivalent d'au moins 30 budweisers" -gloups-). Le résultat est sans appel, le groupe est totalement mort lorsqu'il prend le relais à 21h45.
Le festival, quant à lui, bat son plein et reste fidèle à sa réputation : les moshpits et le crowd-surfing sont monnaie courante, on déplore un pillage en règle d'une buvette par 30 jeunes assoiffés (qui ne prendront que la bière), et le groupe The Hungers incite le public à détruire les barrières métalliques qui les sépare des places VIP. Heureusement, la sécurité réussit à maitriser la tentative...
Il est 21h45 donc, quand deftones entame son set. Après 2 chansons seulement, Abe pète un câble, jette une de ses cymbales et part en coulisses. Chino en profite donc pour s'installer à la batterie et commence à jouer. Abe finit par reprendre sa place et le groupe entame une troisième chanson... qu'il ne finira pas. En effet, c'est pendant cette chanson qu'un fan tente de monter sur scène. Il est vite rattrappé par un "security-guard" qui l'empêche d'arriver à ses fins. Mais Chino ne l'entend pas de cette oreille et aide le fan à monter sur scène, défiant ainsi le staff chargé de la sécurité. L'organisation décide alors de couper les retours du groupe, leur signifiant ainsi que leur set est terminé, et qu'ils peuvent remballer. Officiellement, les 30 minutes réservées à deftones sont écoulées, le groupe doit donc quitter la scène.
C'est à ce moment que les choses s'enveniment vraiment. Chino, décidémment rebel ce soir là, n'est pas d'accord du tout. Il lance d'ailleurs un "Fuck that shit, we're going to keep playing", suivi d'un "Okay, these guys are being assholes. Come help us show them what assholes we can be" plus que provocateur ! Une douzaine de jeunes s'en prend alors aux moniteurs et commencent à tout détruire. Une seconde vague de casseurs suit peu de temps après, elle sera comparée à une horde de mongols par un festivalier. Le manager de deftones tente bien entendu de calmer le jeu en s'adressant à la fois au public en leur demandant de quitter la scène et à l'organisation du festival en leur demandant de rétablir le son, afin d'éviter une émeute. Malheureusement, l'orga fait la sourde oreille...
Le groupe continue pourtant à jouer pendant ce temps. Mais la situation devient vite dangereuse et le groupe a vite fait de remballer son matériel et de quitter la scène. La sécurité est totalement dépassée et ne tente même pas d'intervenir. L'anarchie règne jusqu'à ce que la police arrive, une demie-heure plus tard. Les 30 membres de la "quick response team" de la police de Phoenix disperseront les festivaliers à l'aide de gaz lacrymogènes.
Au final, la facture s'élèvera à $150 000 environ.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. En effet, le soir-même, le groupe descend quelques verres dans un bar de Phoenix. C'est alors que les membres du groupe Type O Negative se pointent. Mécontents de ne pas avoir pu jouer (après deftones), ils s'en prennent au groupe et plus particulièment à Chino. Le batteur, John Kelley, le traite de rockstar et de taffiole, avant de le puncher ! Le tout finit naturellement en bagarre générale : "There were bottles flying. Punches flying. It was insane" décrira plus tard l'agent de deftones.
deftones n'a jamais fait aucun commentaires sur les évènements. On ne sait pas non plus si Chino a été poursuivi pour avoir inciter le public à créer une telle émeute.
Enfin, et malgré les efforts de la police pour détruire tous les enregistrements de ce concert, certaines images ont filtré, pour notre plus grand plaisir *hum*.
Ca se passe ici : www.youtube.com/watch?v=lISfv6BHGSs.